Congé sabbatique de Pierre Amey

11 août 2001 - 11 février 2002

Structure du rapport :

1. Le projet

2. La préparation

3. African Enterprise (AE) (photos)

4. Etrange Afrique du sud (photos)

5. Prière, anglais, E-Mails

6. Parc National "Le Kruger Park " (photos)

7. African Enterprise au Kenya (photos)

8. Le choc du Rwanda (photos)

9. Voyage et foi

10. African Enterprise dans d'autres pays (photos)

11. Tourisme en passant (photos)

12. Vacances en famille (photos)

13. Retraite et Etudes Bibliques

14. Séminaire de Prière en Uganda (photos)

15. Prière et préparation au retour

16. Remerciements

17. Conclure et poursuivre


1. Le projet

 

Lettre envoyée au Conseil Synodal, le 10 janvier 2001

Projet pour mon congé sabbatique

1.1. Anglais

Ayant eu un parcours d'études " non classique " (9ème pré-professionnelle - Ecole de mécanique - Ecole d'Ingénieur ETS - Institut Emmaüs - Faculté de théologie), je n'ai jamais étudié l'anglais. Depuis vingt ans ! en autodidacte, j'écoute des cassettes linguistiques surtout en voiture et pendant mes vacances. N'étant pas doué pour les langues, le temps serait vraiment venu de le pratiquer.

C'est pour ces raisons que je désire vivre ce congé sabbatique en pays anglophone. Je n'ai pas l'intention de suivre une école mais de pratiquer au niveau du quotidien.

1.2. Afrique

Financièrement et culturellement, je ne suis pas attiré par l'Angleterre et encore moins par l'Amérique. C'est donc dans un pays anglophone de l'Afrique australe que je souhaite me rendre. Je suis par ailleurs très attiré par l'Afrique profonde, où je me suis déjà rendu plusieurs fois en pays francophones.

1.3. African Enterprise

Depuis plusieurs années, j'ai eu l'occasion de rencontrer des membres d'African Enterprise et, à deux ou trois occasions, de collaborer avec eux lors de camps, conférences ou évangélisation. Ce mouvement me parle beaucoup pour les raisons suivantes:

African Enterprise est composée de :

Equipes multiraciales, multinationales et multiconfessionnelles.

African Enterprise travaille dans trois directions

 

.

Je connais plusieurs membres d'African Enterprise et en particulier Stephen Lungu. Je forme donc le projet de vivre dans l'environnement de cette équipe dont le Centre administratif se trouve en Afrique du Sud. La majeure partie de mon congé se passera au Malawi où se trouve Stephen Lungu, un des principaux membres d'African Enterprise. J'envisage aussi la possibilité de vivre un séminaire de réconciliation au Rwanda.

Mon travail consisterait à découvrir la réalité de l'Evangile vécu et annoncé au cœur des drames, des divisions, de la haine et de la pauvreté.


1.4. Réflexion, méditation, études

Je veux prendre un temps à l'écart (solitude et nature) pour faire le point des 55 ans et de mon avenir.
Je voudrais aussi retravailler les études bibliques données ces dernières années en paroisse afin de les mettre à disposition. Ce travail se fera à partir des mini-disques existants.

1.5 Vacances

Trois semaines en Afrique du Sud ou au Malawi avec mon épouse, en fin et début d'année.

2. La préparation

 

2.1 Obtenir des visas

D'emblée, j'ai été confronté à une double réalité. Toutes mes démarches avaient pour interlocuteurs des anglophones ! et l'obtention de visas pour des pays comme le Rwanda et l'Uganda demande une patience et une imagination qui dépassent parfois l'entendement. Par exemple, les visas pour la plupart des pays visités ou traversés ne sont valables que trois mois dès leur émission. Or, dans certains pays, j'allais me rendre plus de trois mois après mon départ. Expliquer cela en " franglais " à des secrétaires d'ambassades qui n'en ont rien à faire relève du parcours du combattant. De plus, je devais fournir adresses et invitations avec signatures manuscrites, ce qui éliminait les moyens rapides des e-mails et fax. Avec la lenteur des postes africaines, il fallait vraiment s'y prendre à l'avance.


2.2 Quitter une paroisse

Pour plusieurs raisons, je n'ai pas eu de problèmes majeurs :

- De nombreux paroissiens sont très engagés
- Tout comme moi, mon collègue Jean-Claude Schwab est dans la paroisse depuis plus de vingt ans.
- La suffragance accordée à mi-temps par le Conseil Synodal en la personne de Françoise Surdez.
- La très bonne collaboration régionale.

3. African Enterprise (AE)

 

3.1 IPB : International Partenship Bord (Assemblée générale du Conseil Inter- national d'AE. 13 au 19 août

J'avais programmé mon arrivée à Pietermaritzburg le 12 août 2001 pour participer à cette assemblée qui commençait le 13. Cette semaine a été très intense. D'abord par un parachutage dans un milieu où tout se déroule en anglais, mais aussi par la richesse inouïe de l'œuvre d'African Enterprise. Durant toute une semaine, j'ai été enthousiasmé par les rapports écrits et oraux des nombreux pays où travaille AE ainsi que par les rapports de tous les pays hors Afrique très engagés dans le soutien de cette œuvre.

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3.2 L'œuvre d'African Enterprise

Fondée il y a 40 ans, African Entreprise est un team interdénominationnel, interracial, et international né sur sol africain. La vision d'African Enterprise :

Evangéliser les Villes d'Afrique
Par la Parole et l'Action
Dans un Partenariat avec l'Eglise


A cause des situations dramatiques de la plupart des villes d'Afrique, AE est très engagé auprès des populations touchées par la pauvreté, le Sida et les discriminations. Actuellement, pour atteindre cet objectif, AE a des équipes au Congo, en Egypte, en Ethiopie, au Kenya, au Malawi, en Uganda, au Rwanda, en Tanzanie, au Zimbabwe et en Afrique du Sud. Ces Teams comprennent entre 15 et 50 personnes à plein temps, à l'exception de la République Démocratique du Congo où l'œuvre en pays francophone est récente et ne comprend pour l'heure que deux personnes.

En Afrique du Sud, rares sont les personnes qui ne connaissent pas AE. En effet, AE a joué un rôle déterminant pour mettre un terme à l'Apartheid. Ce ministère de réconciliation, efficace et reconnu, s'étend aujourd'hui aux situations dramatiques du Rwanda, de l'Ethiopie du Zimbabwe et de tant d'autres lieux moins médiatisés.
Très connu dans le monde anglophone pour ses actions prophétiques et ses livres, Michael Cassidy, Docteur ès lettres, est membre fondateur et directeur international de l'œuvre.
En Afrique du Sud, malgré 40 années d'existence, AE demeure un fer de lance du ministère de réconciliation plus nécessaire que jamais.

Quelques activités actuelles d'AE en Afrique du Sud :

4. Etrange Afrique du Sud

Je me rends en Afrique depuis dix ans, mais dans des pays où il fait toujours très chaud. On m'avait averti qu'il pouvait faire froid en Afrique du Sud, mais je n'imaginais pas un instant y trouver une température de 3o au petit matin, et supporter trois couvertures militaires la nuit ! De plus, Pietermaritzburg se trouve à 700 mètres d'altitude et offre les premiers remparts aux courants provenant du pôle sud. Comme la latitude de l'Afrique du Sud correspond à celle de l'Egypte, les températures varient souvent de 18o tous les deux ou trois jours. On passe souvent du plein soleil au brouillard en une heure.

Dans ce Kwasulu Natal où j'ai passé la plupart du temps, presque tout est différent. La végétation tropicale dense et variée pousse à vue d'œil. Les fleurs sont innombrables et, pour la plupart, nouvelles pour moi. Il y a une multitude d'oiseaux aux couleurs vives et aux chants étonnants, sans compter les fameux Big Five et presque tous les animaux qui font la une des séries du National Geografic.

 

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Pourtant, ce qui m'a le plus impressionné, c'est la ville de Pietermaritzburg. J'y ai débarqué un beau matin à 7h. Il faisait un froid de canard et tout le monde était pressé d'aller au travail, à l'exception des nombreux sans abri qui faisaient les poubelles.
Dans cette ville, qui peut être dangereuse, mes hésitations à traverser les routes où l'on roule à gauche, mon KW vert bouteille et mes pantalons blancs - sans compter mon visage pâle - faisaient de moi le parfait touriste qu'on remarque de loin.

Je cherchais un magasin et personne ne me comprenait ou voulait me comprendre. J'ai enlevé mon KW touristique et j'ai marché d'un bon pas pour donner l'impression d'aller quelque part car plusieurs personnes me regardaient avec insistance, surtout du côté de mon sac en bandoulière. Bref, en attendant l'ouverture des magasins, je faisais semblant d'avoir un but, mais en fait, je n'allais nulle part ! J'ai subitement pris conscience que j'étais pratiquement le seul blanc dans la rue. Ce fut un choc pour moi car le centre ville est très européen. Je me croyais un peu chez moi, et pourtant ma couleur de peau et mon allure faisaient de moi l'étranger. Je balbutiais mes premiers mots d'anglais. Pourtant, entre ma méthode de " l'anglais en 90 leçons " dans ma voiture et la rue de Pietermaritzburg, il y avait réellement des milliers de km !

Un autre choc à été mon premier culte. Il n'y avait pratiquement que des blancs. En revanche le gardien des voitures était noir comme tous les gardiens de parcs, comme tous les employés de maison et comme tous les ouvriers des rues et des autoroutes, en général des Zoulous hommes et femmes.

J'ai rejoint une église indienne qui m'a beaucoup apporté. Dans le Kwazulu Natal, la communauté indienne est très importante.

 

5. Prière, anglais, e-mails 20 au 28 août - 7 au 16 septembre

 

D'emblée, j'ai voulu donner à ce congé un caractère de retraite et d'étude. Logeant dans une forêt d'eucalyptus à l'écart du Centre d'AE, j'ai eu la tranquillité et l'environnement souhaité pour la prière et la méditation.
J'ai consacré du temps pour étudier l'anglais. J'ai fais mon apprentissage de "dactylo" en envoyant de nombreux E-Mails, tout en me familiarisant avec le Word.
J'ai pris mes repas au Centre d'AE afin de pouvoir pratiquer l'anglais. Mon horaire a été assez monastique.

 

6. Le Kruger 29 août au 6 septembre

 

Grâce à un don substantiel et spécifique, j'ai pu former le projet de me rendre au célèbre National Kruger Parc qui est plus grand que la Suisse. J'ai décidé d'y vivre une retraite de silence et de solitude.

J'ai loué une voiture et j'ai logé dans la petite tente qui faisait partie de mes bagages.

Ce temps a été pour moi une très grande bénédiction. Tout d'abord, il y a des années que je regarde des vidéos sur les animaux d'Afrique. Les voir en réalité n'était qu'un rêve. Mais, surtout, j'ai voulu faire de cette semaine une retraite spirituelle. Ainsi, chaque matin, je quittais un des camps du Kruger et je cherchais un endroit paisible, si possible au bord d'un cours d'eau, et là, je prenais du temps pour prier et méditer l'Ecriture. Puis, après mon bol de céréales, je me mettais en route, émerveillé par la beauté de la nature et les innombrables rencontres d'animaux. Je pouvais chanter et louer le Créateur pour tant de merveilles. Au cours de ces journées, j'ai vu tous les animaux possibles à moins de trente mètres de la voiture, ce qui n'est vraiment pas fréquent.

Un tel bonheur me rendait confus. Je rappelle que le Kruger est plus grand que la Suisse et qu'il n'y a pas des animaux sous tous les arbres ! J'ai même rencontré une voiture dont les occupants visiblement déçus m'ont demandé si j'avais vu des éléphants !. Il m'était un peu difficile de leur expliquer que, plus d'une fois, je ne pouvais plus avancer parce qu'ils occupaient la route et que tenter un dépassement était périlleux. Un jour, j'ai dû dépasser un monstre de plusieurs tonnes car je devais absolument gagner le prochain camp avant 18h sous peine d'amende, voire d'exclusion du parc.

Je parcourais chaque jour une centaine de km à 10 ou 15 km de moyenne horaire pour me réinstaller dans un autre camp. Comme la nuit descendait rapidement, aux environs de 18h 15, j'avais devant moi une très longue soirée de méditation et prière. Au mois de septembre, il n'y avait que peu de monde et les places de camping sont très grandes. Ces soirées de paix et de communion, parfois ponctuées des rugissements d'un lion, auront vraiment marqué mon congé sabbatique.

 

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7. African Enterprise au Kenya 7 au 28 septembre

 

C'est au Kenya que j'ai commencé de découvrir AE sur le terrain. C'est aussi à Nairobi que ma belle-fille Magali m'a rejoint pour un très long périple. Ayant aussi un temps sabbatique entre deux formations, Magali désirait connaître l'Afrique de l'intérieur.

N'ayant ni les moyens ni l'envie de vivre à l'hôtel, c'est donc avec reconnaissance que nous avons été " recueillis " par le Team Leader d'AE au Kenya. Stephen N.Mbogo vit à la périphérie de Nairobi dans un petit quatre pièces au troisième étage d'une maison qui ne sera jamais terminée. L'eau courante n'arrive au troisième que le week-end ! Il faut donc aller chercher plusieurs fois par jour l'indispensable eau froide pour se doucher. Riz, patates douces, bananes plantain et poulet feront désormais partie de notre quotidien pour de nombreuses semaines.

AE Kenya est formée d'une vingtaine de personnes à plein temps. Leur centre regroupe l'administration ainsi que l'infrastructure permettant la tenue de séminaires de formation dans différents domaines allant de la prévention du Sida au développement communautaire des Slams (nom des bidons villes au Kenya). Régulièrement l'équipe se rend dans une ville du pays pour y vivre une évangélisation stratifiée ainsi que la tenue de formations pratiques pour le développement des populations les plus démunies.

Le dimanche, avec le Team Leader, son épouse enceinte de 8 mois, leur fils de 4 ans et la jeune fille qu'ils ont accueillie, nous nous rendons au cœur d'un des plus grands bidonvilles du monde (un million de personnes vivent dans les Slams de Nairobi). Après avoir traversé le centre très "gratte-ciel " de Nairobi, nous quittons le goudron pour des rues totalement ravagées par les pluies, grouillant de monde , jonchées d'immondices et bordées d'une multitude de petits commerçants. C'est là que Stephen est pasteur d'une petite église. Le bâtiment tient plus du hangar que d'une église, mais je ne suis pas prêt d'oublier ce que nous y avons vécu. L'accueil et le rayonnement de ces chrétiens resteront gravés dans ma mémoire. J'y ai apporté la prédication, mais c'est nous qui avons le plus reçu !

Nous avons passé une dizaine de jours dans cette famille qui a pris beaucoup de temps pour partager, en anglais bien sûr, le travail d'AE ainsi que leur projet de construction d'un orphelinat. A cause du Sida, il y a déjà plus d'un million d'orphelins au Kenya. Au centre d'AE, nous avons aussi eu plusieurs contacts avec les autres membres.

 

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8. Le choc du Rwanda 29 septembre au 7 octobre

 

A peine débarqués à Kigali à 7h du matin, Antoine Rutayisire, le Team Leader d'AE au Rwanda, nous propose de l'accompagner au nord du pays où se tient une semaine d'évangélisation par l'équipe d'AE. Après deux heures de voiture dans un paysage d'une grande beauté ( le Rwanda est souvent appelé la Suisse de l'Afrique ou le pays aux mille collines), nous arrivons à Ruhengeri au pied des célèbres volcans qui culminent aux environs des 4000 m. A vol d'oiseau, Ruhengeri se trouve à 50 km du volcan qui a détruit la ville de Goma.


8.1. Plusieurs chocs nous attendaient

· La densité de la population qui est une des plus fortes du monde.

· La pauvreté.

· Les profondes meurtrissures des guerres et du terrible génocide de 1994. Près d'un million de Tutzis ont été massacrés par les miliciens qui souvent se trouvaient parmi leurs voisins, voire des membres de leur famille. Pratiquement chaque famille a été touchée par le génocide et compte fréquemment une dizaine d'enfants à cause des orphelins recueillis.

· L'engagement spirituel des chrétiens Ils n'hésitent pas à prier des heures durant ainsi qu'à jeûner régulièrement. Au centre de Kigali, les chrétiens qui y habitent ou qui y travaillent se rassemblent tous les jours entre midi et 13h pour chanter, prier et jeûner. Le dimanche, les différents lieux de culte se remplissent de centaines de chrétiens, toutes dénominations confondues.


8.2 Le chantier humain

A Ruhengeri, à côté du lieu où nous logions, il y avait un chantier humain. Cela signifie : la construction d'une grande maison de deux ou trois étages sans la moindre machine. Une centaine d'homme et de femmes y travaillent, faiseurs de briques et casseurs de cailloux compris. Or, chaque matin, les chrétiens du chantiers, environ septante personnes, se rassemblent une heure avant le travail pour prier et chanter des cantiques. Certains sont là encore plus tôt et prient individuellement devant leur poste de travail, y compris devant leur tas de sable ou de cailloux !

 

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8.3 Prière et jeûne

Quand à l'équipe d'AE, c'est à 5h que la prière commence dans une église aux carreaux
brisés. Il y fait froid car nous sommes à plus de 1500mètre d'altitude.

Durant la journée, AE rassemble les pasteurs et les intercesseurs des différentes églises pour travailler à l'unité de l'église et à la réconciliation entre Hutus et Tutzis. A 16h ils se rendent au stade où se tient un meeting d'évangélisation qui attire plusieurs milliers de personnes.

Le samedi, après une journée de jeûne et prière, nous participons à une rencontre émouvante entre Hutus et Tutzis.

 

 

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De retour à Kigali, nous vivons chez Antoine Rutayisire. Ils sont régulièrement une dizaine à table car, en plus de leurs quatre enfants, ils ont accueillis des orphelins. La vie y est d'une très grande simplicité mais d'une grande fraternité et d'un engagement spirituel total.

 

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8.4 Antoine Rutayisire Team Leader d'AE

Régulièrement, Antoine parcourt le monde et peu de personnes peuvent imaginer que l'évangéliste qui se tient devant eux en complet cravate, vit de patates douces et de bananes et se lave chaque matin à l'eau froide et non courante !

Antoine Rutayisire est connu dans tout le pays. Homme d'une rare intelligence et très cultivé, il a été professeur d'université à l'âge de 24 ans. Il a écrit de nombreuses pièces de théâtre qui se jouaient, ainsi que des ouvrages de critique littéraire.
Agé de 6 ans, il a vu son père massacré par les Hutus lors du premier grand génocide. Il a été révoqué de son poste universitaire parce qu'il était Tutzi. Révolté, il a cherché dans toutes les directions et tout envisagé. Il a lu plusieurs fois la Bible.

Après une conversion fulgurante, il a échappé miraculeusement au génocide de 1994. Il a vécu plusieurs mois dans les forêts et les camps de réfugiés. Il a été appelé à remplacer le Team Leader d'AE qui a été massacré le premier jour du génocide.

L'engagement et la consécration de cet homme, de même que ceux de toute l'équipe d'AE marqueront certainement la suite de ma vie.

 

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8.5 La visite d'une église ossuaire

Ce fut un des jours tristes de ma vie. Près de 5'000 personnes y furent sauvagement massacrées. Comme lors du premier génocide, des dizaines de milliers de Tutzis s'étaient réfugiés dans des églises. Ils y ont même été encouragés ! Cependant, en 1994, c'était un piège mortel, soigneusement préparé parfois même par des " chrétiens Hutus " qui, pour la plupart, sont en prison ou en fuite.

Cette visite nous a bouleversés car l'église est restée en l'état du génocide. Le sol est jonché de vêtements souillés de sang, de petites affaires personnelles et des fameuses cartes d'identité portant le " T ". Les ossements sont dans des sacs ou en tas dans un coin. On commence seulement de les protéger à cause des chiens ! Un ossuaire a été créé à côté de l'église où des centaines de crânes de toutes grosseurs sont soigneusement rangés. La plupart portent les traces visibles des coups de haches et de machettes. L'odeur de la mort est présente à chaque respiration. Chaque crâne semble nous dire " pourquoi ? ". Comment comprendre ? Aujourd'hui encore, Hutus et Tutzis posent la même question : comment comprendre ?
C'est dans les larmes que nous quittons silencieusement cette église qui, hélas, au Rwanda, n'est pas unique, et de loin pas !

Le lendemain, au centre d'AE, nous suivons avec une grande attention les explications du programme de réconciliation. Dans un coin de la salle, une croix de bois porte des dizaines de petits trous causés par les clous qui ont fixé les haines et les confessions des participants aux séminaires de réconciliation.

 

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8.6 Consécrations pastorale et diaconale

Ce dimanche-là, Antoine Rutayisire est l'orateur de cette cérémonie haute en couleurs et événements. Cette nouvelle église pentecôtiste se tient dans un ancien night club. L'enseigne est encore au-dessus de la porte ! L'intérieur est peint en bleu et blanc. Il y a des miroirs partout. Comme tant d'autres nouvelles églises, elle réunit les nouveaux chrétiens du quartier.

Quatre pasteurs, une bonne dizaine d'anciens et une autre dizaine de diacres sont consacrés. Parmi eux, presque autant de femmes que d'hommes. Sont aussi invités une vingtaine de pasteurs de la ville et même des pays voisins, toutes dénominations confondues. C'est un évêque anglican en robe et étole qui consacre tous ces chrétiens. Probablement à cause du génocide et de quelques sombres perspectives, l'unité devient vraiment une réalité au Rwanda.

La cérémonie a commencé à 9h du matin et s'est terminée à 16h30 sans la moindre interruption !

 

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9. Voyage et foi

 

Le 8 octobre, nous avons pris un " Chicken Bus " pour nous rendre de Kigali à Kampala en Uganda. " Chicken Bus " signifie : bus surpeuplé d'humains, de volailles et de sacs de manioc ! Ce fut là le début d'un voyage complètement fou, à 100 km heure sur des routes " pas possibles " avec piétons et chèvres sur les bas-côtés. Le chauffeur, ou plutôt le chauffard, tenait d'une main le volant et de l'autre le klaxon ! tout en coupant les virages masqués. Par chance, nous étions partis sans boire ni manger et de plus sans pique-nique, car ce bus un peu fou, en dehors d'une multitude d'arrêts éclairs souvent en rase campagne, pour " éjecter " ou " aspirer" un ou deux passagers, ne s'est vraiment arrêté qu'une fois dix minutes pour faire le plein ; seuls les hommes ont trouvé leur bonheur dans une ruine à côté de la pompe à essence pour faire le vide !

 

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Dûment avertis, nous avons par la suite effectué chaque voyage en bus en étant pratiquement à jeun . Dans le courant de la journée nous essayions d'acheter un coca que nous buvions avec beaucoup de respect !

Tout en visitant l'œuvre d'AE dans les pays traversés, nous avions pour mission de rallier les chutes Victoria pour le 10 novembre, où nous avions réservé un billet d'avion le 13 pour nous rendre à Pietermaritzburg en Afrique du Sud.

Les trajets en avion auraient été beaucoup trop onéreux. Nous avons payé environ Fr.30 à Fr.40 suisses pour passer d'une capitale à l'autre (entre 600 et 1'000 km chaque fois) alors que l'avion aurait coûté Fr.400 à Fr..500 pour chaque parcours Nous avons passé en moyenne une dizaine de jours dans chaque pays en vivant toujours dans des familles africaines d'AE.

Par ailleurs, les voyages en bus et en train sont de loin le meilleur moyen pour découvrir un pays et entrer en contact avec la population, toujours étonnée de voir des blancs partager leurs conditions précaires. Nous avons une fois effectué 200 km à 24 personnes dans un bus VW, y compris bien sûr les bagages !

J'ai intitulé ce chapitre voyage et foi car, à partir de Kigali, nous n'avions que des numéros de téléphone comme seul point de contact. Au mois de septembre en Afrique du Sud, j'avais rencontré les leaders de chaque pays et leur avait annoncé une probable visite. Cependant, je l'avais fait en anglais !!!

De plus, sauf une fois, après dix à quinze heures de bus ou de train, nous sommes toujours arrivés de nuit dans d'immenses capitales souvent très peu éclairées. Devant tant d'inconnues et de dangers, nous avons toujours prié. Or Dieu a pris soin de nous avec une telle fidélité que notre foi a vraiment été fortifiée.


9.1 Quelques exemples de la fidélité de Dieu

Le vol déplacé

Notre vol entre Nairobi et Kigali était la seule réservation pour ce long périple à la découverte d'AE en Afrique de l'Est. Ensuite nous allions nous déplacer en bus et en train, donc sans programme fixe.

Ce vol était réservé depuis plus de quatre mois et il y a tous les jours un avion pour Kigali. Or, un mois avant la date fixée, la compagnie nous a imposé le jour suivant sans aucun motif ! Nous avions le numéro de tél. d'Antoine Rutayisire et nous lui avions dit que nous passerions chez lui fin septembre. Pour le reste, l'inconnue était totale dans la mesure où il n'est pas recommandé à des blancs de prendre un taxi à Kigali.

A 6h du matin à l'aéroport de Nairobi, nous rencontrons Antoine qui avait dû se rendre dans cette capitale pour un seul jour alors qu'il était toute la semaine dans le Nord du Rwanda avec le Team d'AE. Arrivés à Kigali, non seulement nous n'avions plus de démarche à faire, mais nous avons pu aller avec lui à Ruhengeri pour ce temps si marquant.

L'arrivée à Mbeya en Tanzanie au nord du Malawi

Nous avons quitté Dar El Salam avec le fameux train Tazara construit à prix d'ivoire par les Chinois au temps de l'Apartheid en Afrique du Sud pour désenclaver la Zambie et le Zimbabwe.


Après plus de trente heures de train, nous sommes arrivés de nuit dans la grande ville de Mbeya totalement isolée au sud de la Tanzanie et au Nord du Malawi. De là, nous espérions trouver un bus pour descendre à Lilongwe, capitale du Malawi.

Une telle situation n'était pas sans risques et nous n'avions pas la moindre adresse à Mbeya. Or, deux heures avant notre arrivée, nous avons entendu parler le français dans le couloir. Il s'agissait de deux pasteurs du Congo. Ils nous ont confirmé que notre arrivée nocturne n'était pas sans risques et qu'ils étaient inquiets pour nous.

Peu de temps après, ils ont trouvé un compatriote, homme d'affaires, qui connaissait le chef de gare à Mbeya. Non seulement ces frères nous ont aidés à débarquer et surveillé tous nos bagages, mais ils ont chargé solennellement ce chef de nous accompagner dans un hôtel sûr et bon marché.

Arrivée à Lilongwe, capitale du Malawi

Après treize heures de bus et un passage de douane mémorable, car nous n'avions pas de visa, nous arrivions à nouveau en pleine nuit dans cette immense ville.

Une heure avant l'arrivée, lors d'un arrêt très bref, nous avons fait la connaissance d'un Rwandais qui émigrait avec son épouse. En fait, il travaillait à Lilongwe depuis une année et était retourné au pays chercher sa femme et sa petite fille. Inquiet de notre situation nocturne, il a voulu nous accompagner en taxi.
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Il voulait laisser sa femme et la petite à la station de bus vraiment peu rassurante pour nous. Au retour, il voulait attendre le matin pour prendre un bus bon marché pour rentrer chez lui. La ville est si grande qu'il habitait à environ une heure de route. Cette noblesse nous a bouleversés. Bien entendu nous nous sommes entassés dans le taxi, qui a connu une panne d'une demi-heure dans un quartier bizarre. Ensuite, il les a conduits chez eux pour une somme modique pour nous, mais trop élevée pour eux.

A chaque déplacement, nous avons connu de tels secours mais aussi quelques frayeurs, surtout aux douanes que nous devions traverser à pied parfois sur plusieurs centaines de mètres. Nous avons été volés trois fois. Mon petit computer de traduction qui prononçait très bien l'anglais et deux fois des dollars pour environ Fr. 80, sans compter bien des " arnaques " qui nous faisaient courir le risque de soupçonner tout le monde. Finalement, nous retiendrons seulement les innombrables secours qui ont tant fortifié notre foi et nourri nos prières d'actions de grâce.

10. African Enterprise dans d'autres pays

 

Tout en étant relié à la ligne générale d'AE, principalement par le biais d'IPB (cf. 3.1), chaque pays est totalement autonome pour développer ses programmes en fonction des charismes et des besoins nationaux. Les Team Leaders sont généralement des personnes, hommes ou femmes, de grande envergure dans leur pays et reflètent toute la gamme des églises issues de la réformation.

En Uganda ( 8 au 14 octobre), c'est le Dr Daniel Senimba, évêque anglican du diocèse de Mukono qui nous a accueillis. J'ai aussi eu des contacts avec le Dr Edward Muhima, évèque de Kampala et Team Leader d'AE où l'équipe est formée de plus de trente personnes à plein temps.

En Tanzanie (16 au 24 octobre), où la situation politique et spirituelle est totalement différente des autre pays visités ; Grâce Kolombo en est le Team Leader. Nous avons été particulièrement intéressés par leurs constructions de puits et de réseaux d'eau dans les régions les plus pauvres du pays. Lors des semaines d'évangélisation, ils ont été les témoins d'authentiques miracles qui ont transformé des familles entières.

Au Malawi ( 25 au 29 octobre), c'est Stephen Lungu, appelé parfois le " Nicky Cruz africain ", qui est le Team Leader d'AE. Après avoir passé quinze ans de sa vie sous les ponts d'Arare au Zimbabwe, il était devenu un chef terroriste qui avait pour mission de s'attaquer aux blancs et au christianisme en tant que " produit des blancs ".

C'est homme de foi, qui parcourt aussi le monde entier, a un réel impact auprès des " sans espoir " et le Team d'AE est très actif pour les innombrables enfants de la rue. Stephen Lungu est venu aux patinoires du Littoral en 1996.

En Afrique du Sud, AE vient de se donner un nouveau Team Leader en la personne de Mark Manley, ancien présentateur de la TV nationale et patron d'une entreprise de management. Il a tout laissé pour se consacrer à plein temps à sa nouvelle tâche.

11. Tourisme en passant

 

Notre connaissance de l'œuvre d'AE en Afrique de l'Est s'est principalement développée au contact des Team Leaders par le fait que nous logions généralement chez eux. Dans la mesure où nous le pouvions, nous participions à leurs activités. En dehors des étapes en bus et en train pour relier les capitales, notre voyage n'était pas touristique. Nous n'avons donc découvert que ce que l'on nous a proposé de visiter. Parfois c'était un peu frustrant de voir sur nos guides des hauts lieux touristiques presque à portée de main sans pouvoir y poser les pieds! Cependant, la connaissance d'un pays au travers de sa population, ainsi que des parcours insolites et chaotiques pour la rejoindre, ont été d'une richesse inouïe. A plus forte raison, les quelques jours de pur tourisme proposés ou croqués en passant ont-ils été fabuleux.

Trois jours fantastiques au célèbre Massaï Mara Parc, un jour de marche pour atteindre le premier camp du Kilimanjaro à 3'000 m et 24 heures à Zanzibar ne sont pas prêts de s'effacer de nos mémoires.

12. Vacances en famille 15 au 29 novembre

 

Le 15 novembre, mon épouse, notre fils Raphaël, mari de Magali, et ma sœur nous ont rejoints pour un magnifique périple en Afrique du Sud.

Dans les grandes lignes, nous avons longé la côte de l'Océan Indien entre le Mozambique et Cap Town en traversant et visitant des régions aussi belles que contrastées. Après ce voyage, mon épouse est restée quinze jours avec moi à Pietermaritzburg. Ce temps a été d'une grande richesse et nous a permis de faire le bilan de vingt-deux ans de ministère.

13. Retraite et Etudes Bibliques 14 décembre au 10 janvier

 

Le centre d'AE à Pietermaritzburg a été fermé pendant les grandes vacances d'été ! Je me suis retiré dans une petite maison située dans une forêt d'eucalyptus. Durant un mois, mis à part les soirs de Noël et de Nouvel-An ainsi que les dimanches matin passés à l'église indienne, j'ai vécu un peu en ermite. Il m'arrivait de passer plusieurs jours sans voir personne.

Ces semaines auront marqué mon congé sabbatique. J'ai eu beaucoup de temps pour prier et méditer l'Ecriture en anglais. J'ai également travaillé sérieusement le début d'un commentaire sur les Colossiens. Cette période m'a aussi permis de progresser en informatique.

 

14. Séminaire de prière en Uganda 11 au 24 janvier

 

J'ai eu l'immense privilège de participer au séminaire de prière à Kampala organisé par Word Trumpet Mission.

J'avais entendu parler du réveil en Uganda et j'espérais en découvrir quelques aspects. Cependant, lors de notre passage en octobre, nous avions été conduits différemment en allant loger chez un évêque anglican qui habite Mukono, à trente kilomètres de Kampala.

C'est quelques jours avant ce congrès que j'en ai entendu parler par mon épouse. Au téléphone, elle m'a lu une circulaire relatant que plusieurs pasteurs et responsables d'églises de Suisse allaient se rendre en Uganda.

Word Trumpet Mission est une très grande église de Kampala. Avec d'autres chrétiens de l'Uganda ses membres ont eu la vision de consacrer beaucoup de temps dans la prière pour le réveil de leur pays.

L'Uganda a connu des années tragiques sous les dictatures d'Idi Amin Dada et d'Obote. Des centaines de milliers de personnes ont perdu la vie. En 1980, alors que le pays espérait se relever, des chiffres terrifiants étaient révélés au sujet du Sida : 30% de la population était infectée. C'est dans ce pays sans avenir que des chrétiens ont cru que seule la prière pouvait changer quelque chose.

Peu après leur engagement, des changements parfois spectaculaires les ont encouragés à persévérer et même à intensifier ce mouvement dans tout le pays. Aujourd'hui, il y a des réunions de prière partout et dans tous les secteurs car, et c'est une des caractéristiques de ce réveil, beaucoup de chrétiens de toutes églises se retrouvent à midi sur leur lieu de travail ou dans une église proche pour jeûner et prier.

L'industrie privée, le commerce, les banques et surtout le gouvernement sont bénis par ce formidable mouvement de prière.

Au gouvernement, le tiers des parlementaires sont engagés dans une églises et la cellule de prière est active 24h sur 24 ! Une femme qui avait le désir d'entrer dans les ordres a clairement reçu l'appel de Dieu afin de mobiliser toutes ses forces pour combattre la corruption qui ravageait le pays. Aujourd'hui, elle est ministre de l'intégrité !

Indiscutablement le pays se relève sur tous les plans. L'économie se redresse, la sécurité revient dans les villes, déjà de nombreux enfants de la rue trouvent un foyer d'accueil, le tourisme reprend et, phénomène unique en Afrique, le Sida est en nette régression. Il a passé de 30% à 10% en 20 ans. L'OMS, qui a tenu à Kampala sa conférence mondiale sur le Sida, en a fait son pays modèle. Plus de 250 guérisons miraculeuses sont attestées par le corps médical.

Plusieurs médecins qui affirmaient que c'était impossible se sont convertis.

Le pasteur John Mulinde, homme spirituel et rempli de sagesse, a reçu un appel pour dire aux chrétiens des nations que ce qui est possible en Uganda est possible partout. Ce qui se passe tient à la prière et au jeûne, qui n'est pas vu comme une performance spirituelle mais comme un chemin vers la présence de Dieu, où l'on apprendra à discerner sa volonté.

Voilà l'arrière-plan des conventions de prière qui se tiennent à Kampala au début du mois de janvier. Cette année, il y avait plus de 3'000 personnes venant principalement de l'Uganda, mais aussi de toute l'Afrique et de plusieurs pays d'Europe. On trouve aussi une " montagne de prière " aux environs de Kampala, où les chrétiens de toutes églises et parfois d'autres pays se retrouvent pour prier et jeûner seuls ou en groupes. Il n'est pas rare d'y rencontrer tel ou tel ministre qui a mis à part deux ou trois jours afin d'intercéder pour son département.

Je suis rentré enthousiasmé par les trois jours passés sur cette montagne. Jour et nuit des chrétiens prient pour leur pays, mais aussi pour les nations, y compris la Suisse.

Note : il existe une vidéo cassette sur ce réveil. Titre et commande :

Ouganda L'histoire de la Transformation d'une nation
Distribution pour la Suisse : Ministries of Hope. Postfach 212, CH-8212 Neuhausen 2

 

15 Prière et préparation au retour 25 janvier au 10 février

 

Comme il se devait, j'ai passé beaucoup de temps dans la prière et la méditation afin de préparer au mieux mon retour au pays. J'ai aussi pris le temps de prendre congé de ceux qui m'avait entouré d'amitié, d'aide et de conseils en particulier dans le cadre d'AE, mais aussi au niveau de l'église indienne.

16 Remerciements

 

Avant de conclure, je voudrais remercier ceux et celles qui, ayant discerné ma fatigue, m'ont encouragé à prendre mon congé sabbatique.

Un très grand merci au Conseil synodal et à l'EREN qui m'ont permis de réaliser ce congé. C'est un réel privilège de pouvoir ainsi se ressourcer en cours de route.

Merci à la Paroisse qui m'a libéré avec encouragements.
Merci à ceux qui m'ont aidé financièrement.
Merci à ceux et celles qui, en Suisse et à l'étranger, m'ont aidé à organiser ces six mois, en particulier à la Présidente suisse d'African Enterprise, Sylvie Annen.

Le plus grand MERCI à mon épouse qui a non seulement accepté un si long temps de séparation, mais qui m'a beaucoup encouragé à prendre le chemin de l'Afrique.

17 Conclure et poursuivre 12 février au ?

 

En reprenant le projet soumis au Conseil Synodal, je peux dire sans hésitation que j'ai pu accomplir tous mes objectifs, et bien au-delà de mes espérances.

Je peux m'exprimer simplement en anglais, lire presque couramment et comprendre les grandes lignes de ceux qui parlent rapidement!

La connaissance d'African Enterprise m'a vraiment enthousiasmé et renouvelé, en particulier au niveau des ministères d'unité et de réconciliation.

L'ordinateur est devenu un instrument génial sur le plan de la recherche théologique, de l'organisation des résultats, ainsi qu'au niveau du traitement de texte. J'écris enfin plus vite qu'à la main !

Même si la mise en place des éléments nécessaires aux exigences d'un site web m'a pris beaucoup de temps, le commentaire pastoral sur l'épître de Paul aux Colossiens est maintenant sur les rails. J'espère terminer le premier chapitre au cours de ce printemps.

Cependant, c'est le renouvellement spirituel qui, sans aucun doute, aura marqué ces mois sabbatiques. Avoir eu beaucoup de temps pour la prière, la méditation et l'étude biblique, sans les aléas du quotidien, été un vrai délice !


Pietermaritzburg et Saint-Blaise, avril 2002